De la ferme à la ville

Une enquête du CREDOC vient de révéler que 71% des français trouvent «injustes» les marges pratiquées par la distribution alimentaire. Sans entrer dans le débat, ni prétendre y apporter de solution miracle, je suggère tout au moins une alternative : les circuits courts. Ces systèmes de vente directe ou par un seul intermédiaire, dont l’AMAP (Association pour la Maintien de l’Agriculture Paysanne) fait partie.

Mardi, 18h30, je suis allé dans celle de Vanves, dite «le panier vanvéen», à l’heure du «partage» hebdomadaire des paniers de fruits et légumes. Ici, les vendeurs sont aussi les producteurs, les clients sont aussi des adhérents et des cotisants (voire parfois des aides sur les champs!).Tous se connaissent. Une AMAP, c’est d’abord du lien, entre citadin et agriculteur, entre producteur et consommateur.

Et ce n’est pas vrai que c’est hors de prix. Un panier, c’est 16€, et toute l’année, à coût constant. L’un des clients me disait avoir à la fois gagné en pouvoir d’achat et perdu 15 kilos depuis qu’il consommait ces «paniers»! Les produits sont bruts, directement sortis de la terre, de saison, cultivés localement.Le consommateur se fait citoyen, et responsable : son achat encourage directement des modes de production durables.

Et ces agricultures de proximité, maraîchères, diversifiées, ont besoin d’être soutenues, tout particulièrement en Ile-de-France, où la pression foncière est forte, où le nombre d’exploitations agricoles est passé de 3300 en 1980 à 1300 en 2006. La ville s’est peu à peu coupée de sa périphérieverte : alors que nous sommes dans la première région agricole de France, seulement 12% des terres cultivées sont destinées à l’alimentation locale!

Recréer du lien entre consommateur et producteur, entre ville et campagne, promouvoir une alimentation saine, sûre et diversifiée, préserver les territoires agricoles des emprises urbaines et… créer de la richesse. Ces agriculteurs sont aussi de véritables entrepreneurs, qui créent de l’emploi et développent des pratiques innovantes. Leur potentiel de développement est considérable: 112 personnes sont en liste d’attente pour adhérer à l’AMAP de Vanves!Beaucoup reste à faire.

Mon plan d’action pour développer les circuits courts soutient ces initiatives, pour une “gouvernance alimentaire” locale, qui crée du lien entre tous les acteurs, et tous les territoires.

Michel Barnier

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